Les enfants nous empêchent de faire quoi, au juste ?

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Je souhaite ici venir déconstruire la croyance (typiquement française ?) selon laquelle nos enfants seraient des « empêcheurs », des « bloqueurs ».

Dans notre société occidentale en effet, nous avons trop tendance à les considérer comme des petits êtres qui vont venir en quelques sortes « voler notre liberté ».

Pourquoi ? (réponses tout à fait personnelles et basées uniquement sur mon opinion, constat et ressenti).

  • Les « adulescents » sont très égocentrés, à la recherche de plaisirs hédonistes, multiples et éphémères. Victimes d’un malaise parfois, –souvent-, qui peut les pousser à ne savoir « profiter de la vie » qu’à travers le prisme de sorties festives alcoolisées. Dans ce cas, l’enfant va évidemment venir bouleverser cette frénésie d’échappées nocturnes.
  • La recherche de l’exceptionnel, la peur de ne pas avoir fait quelque chose d’assez « grandiose » dans sa vie, avant de se « poser » : partir 3 mois en Inde, faire le tour de la Russie en claquettes ou escalader l’Everest à dos d’âne… etc !
  • Une vision déformée de la parentalité : « tu restes chez toi, tu te couches à 21h » = tu n’as pas « réussi ta vie », presque… ou alors tu es forcément un malheureux refoulé. Que veut dire réussir sa vie, déjà ? On pourrait longuement débattre et déconstruire moultes pensées limitantes à ce sujet aussi !
  • Le « moins on en fait et moins on se « prend la tête », mieux on se porte » (sauf, attention, niveau professionnel ! au travail, il est bien vu de se tuer à la tache pour faire carrière. Vous serez même reconnu pour cela. A l’inverse, vous pouvez facilement vous retrouver confrontée à la critique en tant que jeune maman qui tombe de fatigue parce qu’elle allaite et ne souhaite pas laisser pleurer son bébé. Là, personne ne comprendra pourquoi vous tenez tant à « accourir aux moindres besoins », on vous encouragera même à le laisser pleurer. C’est bien moins usant, pour un parent, de le laisser en stress s’endormir dans ses larmes. C’est ça, la vraie raison. Même si l’on vous ment en prétendant que c’est pour son bien à lui.).
  • Beaucoup de gens n’ont pas envie de s’embêter. De sortir de leur zone de confort. De modifier leurs habitudes pour autrui. Même si cet autrui est un nourrisson. (D’ailleurs, de nombreux jeunes parents continuent presque de vivre « comme avant », après l’arrivée de leur enfant. C’est ainsi qu’ils trimballent de sortie inadaptée en sortie inadapté ces petites nouvelles âmes qui n’aspirent pourtant qu’à une chose -enfin, à plusieurs en fait- : la tranquillité, la stabilité, la régularité, et un cocon sécurisant. Je suis toujours choquée de voir des nouveaux nés dans des lieux que je qualifierais d’absurdes pour eux : du style, en pleine fête de la musique, dans les rues, à une heure très avancée et au milieu de la chaleur et de la foule… avec des parents complètement à l’ouest, clope et verre à la main).

Je semble moqueuse (c’est gentillet rassurez vous), mais en réalité, il m’a fallu des années près de mon petit maitre jedi (=ma fille) pour « apprendre » réellement ce que c’est, la vraie Vie, avec un grand V.

Après être sortie, pendant des années, chaque weekend. Après avoir bien bu, bien fumé (certains appellent ça « profiter », ce qui me semble également absurde aujourd’hui), après avoir pu choisir la destination de mes vacances chaque année, mes études, mon job, etc……………… je suis devenue maman.

Et, au début, j’ai eu un peu de mal. Épuisée par une petite puce qui ne dormait que très peu, rattrapée par le ménage qui s’entassait, le travail à l’extérieur… rattrapée aussi par le besoin viscéral de rester près d’elle (je ne voulais pas la faire garder tous les 4 matins pour sortir), par la volonté de tout bien faire comme il le fallait et bien plus encore (les petits plats maison, une éducation basée le plus possible sur la parentalité bienveillante et la pédagogie de Maria Montessori, le moins d’écrans possible, des activités culturelles, du temps passé en pleine nature, etc.)…… j’ai dû tout stopper net ou presque niveau sorties.

Je dois bien l’avouer, parfois, je me suis sentie frustrée. A l’époque, mon mari ne se privait pas de sortir de façon très régulière, me laissant alors seule à tout gérer, sans cesse… les nuits, les couches, les bains, etc etc. Je me suis parfois sentie comme bloquée. Comme si je passais « à coté de quelque chose ». De ma jeunesse peut-être ? (encore une idée me paraissant absurde aujourd’hui !).

En réalité, à l’époque, c’était plutôt mon conjoint qui passait à coté de ces moments magiques avec notre enfant… moi, je ne passais à côté de rien. Sinon de trop d’alcool, de personnes et de conversations inintéressantes, de fumée, et de… vide intersidéral ! !

Il m’a fallu beaucoup de travail sur moi même et plusieurs années aux côté de mon petit maitre Yoda pour comprendre le vrai sens de l’existence.

Voici ma vision des choses aujourd’hui. Voici ma réalité, à travers mon regard :

  • Déjà, la recherche constante de monde, « d’apéros », de bruit, de fête, de sorties, révèle, à mon humble avis, un mal être et un malaise, un vide intérieur à combler. Mais ça, j’en parle plus longuement dans un autre article.
  • C’est en passant du temps aux côtés de vos enfants, en vous montrant véritablement à leur écoute, en modifiant vos habitudes pour eux, en vous plaçant à leur hauteur et en respectant leurs besoins profonds que vous allez connaitre la véritable et profonde évolution de VOTRE être. Ils vont vous emmener vers… LA VRAIE VIE. Vers des sorties, des activités, des mondes, qui font sens et vont élever votre âme. Ils vont vous détourner de vos vieux schémas et de vos mauvaises habitudes. Ils vont vous pousser à donner le meilleur de vous même. A prendre soin de vous. Ils vont vous remplir. D’amour véritable et inconditionnel.
  • C’est en apportant soin et amour, de façon totalement désintéressée, et en cessant de vous focaliser sur votre petite personne en permanence, que vous allez trouver un sens à votre existence et mission de vie.

Oui, la vraie vie se trouve ici. Dans notre « travail » de parent, dans tout cet amour, dans toute cette patience, que l’on va apporter… mais aussi, recevoir !

Devenir parent apporte bien plus, de mon point de vue, que 6 mois à New York. Après, tout dépend avec quelle importance vous acceptez ce défi et cette « mission ». Et les moyens que vous mettez en œuvre.

Souvent l’on me dit « tu as de la « chance« . ta fille … (est calme, raisonnable, ne fait pas de caprices, etc.). Non, je n’ai pas de la « chance ». Si ma fille est ainsi, c’est aussi parce que j’ai « investis » : de mon temps, de ma personne, pour qu’elle puisse grandir et devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

Ce sont les heures passées à la bercer pour ne pas qu’elle pleure seule dans son lit; des nuits sans sommeil; des heures à cuisiner des plats sains; d’innombrables lectures, du temps passé dans la foret ou a faire de la peinture; des discussions… . C’est aussi –surtout– ma propre remise en question quant au modèle que je lui renvoyait. Ce sont des séances de relaxation, des massages, de la musique classique écoutée ensembles. Ce sont toutes ces journées, pendant lesquelles j’étais fatiguée, mais pendant lesquelles aussi je m’interdisais d’allumer l’écran par facilité, pour pouvoir me reposer pendant qu’elle aurait été devant… ce sont de nombreuses déclinaisons d’invitations de sorties avec mes amis. C’est une réduction de mon temps de travail, donc de salaire, donc de cotisation à la retraite, pour la faire garder le moins possible…… ce sont des heures à tenir sa petite main à travers les barreaux de son lit, assise par terre, sur le plancher de sa chambre, le temps qu’elle s’endorme le soir… (d’ailleurs, quelle bêtise cette invention de lit à barreaux… plus jamais !)

ETC.

ETC.

Ce n’est donc pas vraiment ce que l’on peut appeler de la « chance ».

C’est toute ma vie que j’ai réadaptée. Que j’ai retravaillée.

Et en travaillant autour de mon rôle auprès de ma fille, pour qu’elle puisse grandir dans un environnement et cadre équilibré et épanouissant… j’ai travaillé pour moi, sur moi, et en moi. Ce travail de patience, de persévérance, de recherche, n’a pas été toujours facile, loin de là. Mais nous avons grandi ensemble. Et ça, c’est merveilleux…

Non, vos enfants ne vont pas vous bloquer, ils vont vous faire changer changer de direction et vous remplir. Vous ne passerez plus le samedi après midi vaseux après une veille trop arrosée : vous passerez le samedi après-midi en forme dans la campagne. Vous éteindrez votre écran pour lire un conte. Vous ne mangerez plus un fast food sur le pouce mais vous préparerez un bon repas équilibré. Etc.

Bref, vous vous ouvrirez à de nombreuses possibilités, tellement enrichissantes… si vous vous en donnez la peine et les moyens, et si vous en avez la volonté, ça va de soi. Et surtout, vous vous sentirez inondé d’amour. En permanence.

Avoir un enfant, est une opportunité de faire un bond incroyable en matière d’évolution et de transformation intérieure personnelle.

Je suis maman. Je me couche souvent à 21h. Je sors 1 fois l’année. Et je me sens riche, heureuse, et remplie.

J’ai enfin compris que… c’était ça, la vie.

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Liberté. Plaisirs. Les « Faut profiter de la vie ». Etc.

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Être libre. Vaste sujet à l’intérieur duquel nombre de personnes se perd. Très proche d’un autre vaste sujet, celui des « faut profiter de la vie » ! et des plaisirs éphémères en tout genre.

Beaucoup d’amalgames.

C’est ainsi que l’on retrouve moultes âmes errantes, au physique abimé –laminé– par les années, et seules, au nom même de la « liberté ». Et « parce qu’il faut profiter de la vie » et « s’faire plaisir »…

… quand on a pas droit au sempiternel « faut bin mourir de quequ’chose ». (Oui donc autant mourir plus jeune, malade, dans la souffrance, plutôt que vieux, heureux et entouré, ben voyons !).

La course à la « liberté » de pouvoir accéder à tous les plaisirs, de façon presque immédiate (sinon frustration difficile à gérer), souvent égoïstement, est devenue la maladie de notre siècle. Sortir, boire, draguer, fumer, mal-bouffer, quitter des jobs raisonnés, acheter; de « craquer » pour tout et rien… parce qu’ « on n’a qu’une vie… » etc.

En fait, la plupart des âmes sont esclaves de leurs peurs et du vide intérieur…

Peur de mourir. Peur de manquer. Peur qu’autrui prenne le « pouvoir » sur notre propre personne. Peur de vieillir. Peur des responsabilités. Peur de « se laisser marcher dessus », de « se faire avoir ». De « laisser le temps filer ». Peur des émotions, des sentiments, des regrets… etc.

L’ego joue un rôle terrible dans l’affaire. Tout comme les blessures.

D’un homme qui se mari, on dit qu’il « perd sa liberté ». On assimile ainsi le pauvre homme à une personne faible et vulnérable –sympa pour lui– qui n’aurait pas eut son mot à dire et se serait laisser embarquer, voir manipuler, et donc « passer la corde au cou… »… Or, un homme qui se mari, est une personne –sensée être– responsable, et il le fait –normalement– en conscience. Sa liberté a résidé dans le fait même de prendre la décision de se marier ou non.

La liberté, tout comme le bonheur, se situe avant tout dans la tête et dans l’esprit. A l’intérieur de soit, donc. Elle n’est pas totalement tributaire d’un environnement, d’évènements, ni d’autrui.

Lorsque l’esprit a abandonné toute notion de pouvoir, d’emprise, lorsqu’il s’est distancé de l’ego, lorsque l’âme est guérie ou du moins sur le chemin de la guérison, en paix avec elle-même… l’individu atteint la véritable liberté.

Ainsi, un homme marié avec 5 enfants, ayant fait ces choix en conscience et les assumant pleinement, pourra se sentir plus libre qu’un homme célibataire et sans enfants mais prisonnier de ses peurs, blessures ou addictions.

Tout comme un prisonnier peut se sentir plus libre à l’intérieur de sa cellule qu’un homme en dehors.

Je me sens libre si je me suis libéré. Libéré de moi même : en travaillant sur mes peurs et mes blessures, en sachant reconnaitre mon ego. Libéré d’autrui : de son regard, de son jugement, de son pouvoir sur moi. Si mon bonheur ne dépend pas de l’autre et ne repose pas sur l’autre. Et si je recherche dans mes relations des échanges gagnant-gagnant et bienveillants. Si je ne suis pas constamment sur le qui vive, ni dans le « on fait comme je veux, quand je le veux ». Ou a l’affut de la potentielle « prise de pouvoir » d’autrui sur moi même. Si je m’accorde la liberté de d’en donner à l’autre…-de la liberté…-.

Avoir constamment peur de se sentir limité dans sa liberté est à mon sens un signe de non tranquillité de l’esprit…

J’ai appris et compris que les plaisirs rapides et éphémères mènent davantage à la dépression et à la perte (d’ailleurs, leur recherche perpétuelle et à tout prix relève d’un état par avance dépressif) qu’au bonheur durable, véritable et serein.

« Plus vous recherchez des plaisirs, plus vous serez malheureux…« .

Lorsque j’étais plus jeune, il y a une dizaine d’année, je me sentais assez mal dans ma peau, en quête permanente de qui j’étais, de sens… Le weekend, boire un verre, puis deux, puis trois, puis fumer une cigarette, puis deux, puis trois… devenaient presque une nécessité pour me détendre.

Aujourd’hui, lorsque ça ne va pas… je pense à tout, sauf à boire ou à fumer. Je pense à courir, danser, chanter, partir en foret avec mon chien, cuisiner, jouer avec ma fille, ouvrir un bon livre… ou tout simplement rêver…

…et je me sens libre. Et 1000 fois plus heureuse. Je n’ai plus l’impression de passer à côté de ma vie. Je la vie pleinement.

Avant, j’avais besoin que l’on reconnaisse mes idées. De les défendre jusqu’à ce qu’elles soient comprises. Aujourd’hui, je me sens sereine. Je suis en accord avec moi même, et c’est tout ce qui compte.

Avant, j’avais aussi tendance me braquer face aux gens qui me disaient ce que j’avais a faire ou me conseillaient. Aujourd’hui j’ai compris que je peux faire le choix d’écouter ces personnes libres de s’exprimer et de partager. Et qu’au final, je suis libre d’agir comme je le souhaite ensuite. En prenant en compte ou non ces « données » supplémentaires. Qui, parfois, valent le coup. D’autres fois, pas du tout. C’est à moi de différencier objectivement les deux sans réagir vivement et en les écoutant posément. En m’y intéressant sincèrement. Sans avoir peur qu’elles m’enchainent en tout cas… elles ne peuvent m’enchainer que si j’y consens.

Personne ne peut m’enchainer. Je le sais. Je n’ai donc plus besoin de le revendiquer sans cesse…

Quand bien même je ferais des concessions ou me mettrais un peu de côté pour quelqu’un d’autre : s’il s’agit d’un choix conscient de ma part je n’ai pas non plus perdu en liberté.

…je SUIS libre.

Avant, je recherchais mon propre bonheur à travers la personne qui partageait ma vie. Aujourd’hui, mon bonheur, il est en moi même.

…et je me SENS libre.

De plus, mes attentes ont cessées : et, avec elles, mes déceptions…

Autre liberté, une liberté que personne ne prend : celle d’arrêter de surconsommer (et ainsi de se rendre prisonnier du capitalisme…). Chacun revendique son droit à la liberté mais continu de se faire pomper son argent sur l’argument de besoins créés de toutes pièces. Par la publicité. Par des rayons attractifs ou des catalogues de mode. Par une dépendance à la nicotine, par des promesses, par de fausses promotions, par une mode… chacun continu de rechercher inconsciemment à régler son mal être, à tromper un ennui, en consommant du matériel. Sur ce sujet donc en particulier :

Lorsque je regarde autour de moi aujourd’hui, je me dis qu’au final peu de gens semblent heureux.

La plupart présentant une soif intarissable de sorties, de beuveries, de réseaux sociaux, de Mac Do, de gadgets, de vêtements ou de grosses voitures.

Combien de fois ais-je entendu : « tu fais tellement attention à ce que tu manges ! / Tu sors pas ce soir ?/ tu te couche à 21h ???/ ben ??! alors ??! qu’est ce qu’il t’arrive ? FAUT PROFITER DE LA VIE ! »

Ces personnes n’ont pas compris que l’on profite davantage de la vie, justement, en prenant soin de soi, en savourant une ballade au calme dans la nature, en passant la soirée avec ses enfants, en se levant tôt le matin pour courir devant le spectacle du lever du soleil, en mangeant sainement, en éteignant son ordinateur ……….. et en se remplissant de l’intérieur. En pansant nos blessures et en nous élevant…

……..elles croient que s’enivrer dans une soirée un burger dans une main et une clope dans l’autre, en draguant ou en postant des photos sur Insta, puis passer toute la journée du lendemain en zombie devant Netflix, font d’elles des personnes qui « vivent » et profitent davantage…

La première version mène pourtant au bonheur durable… et à l’évolution.

…la seconde, qui se résume à une recherche sans fin de plaisirs futiles, ne sert qu’à combler un vide et remplir un espace… qui se creusera de plus en plus au fur et à mesure que les années passent si aucune introspection n’est faite.

Combattez vos fantômes. Lancez-vous des défis. Lisez des ouvrages inspirants, et travaillez sur vos souffrances… allez les chercher, au plus profond de vous, extirpez les et affrontez les. Désintoxiquez vous. Informez vous : pour mieux réagir en toute connaissance de cause sur ce qui est sain et ce qui l’est moins. Ça vaut le coup. Et vous verrez toutes ces notions de liberté, de plaisirs, de bonheur, etc. sous un angle très, très différent d’auparavant.