Pouvons-nous toutes ressembler aux youtubeuses « healthy », zéro déchet, etc etc.

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Les youtubeuses que je suis sont positives, radieuses, portées sur le zéro déchet, elles élèvent leurs enfants en respectant tous les principes de la parentalité bienveillante, elles allaitent longtemps, sont minces, pratiquent le yoga, mangent équilibré, elles voyagent, etc etc…. ETC !

Elles ont aussi toutes un point commun : soit, elles n’ont pas d’enfants, et donc elles ont beaucoup de temps pour elles. Soit, elles sont avec des hommes en or qui les soutiennent à fond dans toutes leurs démarches. En plus, elles ne travaillent pas à l’extérieur.

En règle général, le niveau de vie est assez élevé.

Ça fait rêver. Ça inspire. Ça motive. J’aime bien les suivre.

Mais peut-on réellement leur ressembler ?

Bon, déjà, on est grand, on sait bien que ce qui est montré n’est que l’aspect positif de leur vie. Que ce n’est pas l’entière réalité. Mais quand même. Des fois aussi, on aimerait bien avoir leurs problèmes… on se dit que ça doit plutôt ressembler à une licorne qui pète.

Du moins, comparé aux femmes, qui sont soit seules avec des enfants, soit mariées avec des cons hommes qui ont démissionné (physiquement OU psychologiquement, hein), soit qui passent 80 % du temps à travailler à l’extérieur avec de faibles revenus, et 50% de leur autre temps (non non il a pas d’erreur) à remplir le frigo, faire le ménage, s’occuper des vaccins, traiter le courrier, se lever la nuit……….bref qui doivent tout mener de front, seules…

Ces femmes là ont bien du mal à rester zen, pimpantes, dans une maison décorée à la manière des couvertures du catalogue La Redoute; à pratiquer le yoga et la méditation de façon régulière, à s’offrir des vacances, à cuisiner en permanence des petits plats équilibrés healthy, … ne parlons même pas d’investir dans des culottes Fempo ou des couches lavables… parce que là… c’est l’HP direct.

Tout ça pour dire quoi ? Que malgré toute la bonne volonté de vouloir tout bien faire… parfois c’est juste impossible. En tout cas très dur et energivore. Parfois on craque. Parfois on achète une pizza Sodebo ou des gourdes de compote à la place des bocaux et il y a du linge qui traine partout dans la maison. Parfois on s’étale trop de fond de teint sur la tronche pour camoufler les cernes et le mascara dégouline. Parfois on est dans le rouge dés le milieu du mois pour avoir osé s’offrir 15 jours de courses saines à Biocoop. Parfois on a pas envie de rire. Et parfois, on s’en tamponne la coquillette bien comme il faut du zéro déchet parce qu’on fait bien ce que l’on peut, en fait.

Et ça s’appelle… la vie. La vie réelle, même, peut-être. La vie des classes moyennes (basses ? voir même pauvres ?). Dans toute sa splendeur et son imperfection.

Et souvent, on a envie d’arrêter de suivre toutes ces nénettes qui ont dégotté l’homme parfait, (psy, bienveillant, aidant, soutenant, une toque sur la tête, l’aspirateur dans une main et la serp dans l’autre, mais vachement viril avec tout ça…) toutes ces nénettes qui sont pleines aux as et qui ont du temps pour materner et publier des hauls, ou qui se réveillent avec vue sur des balcons face à la mer avec une table de petit déjeuner garnie…. et qui se disent détendues du fion et d’avoir tout compris à la vie.

Et c’est ok.

Tout va bien.

sliced orange fruit beside long stemmed glass filled with orange liquid

Je sais, j’ai dis que j’aimais pas les cocotiers. Ni la vulgarité. Et alors ? C’est gravé dans la roche ? On lâche pas, on s’accroche… du but on se rapproche… j’aime pas le rap non plus, et pourtant ? Pexels.com